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L'Hymne de la Renaissance Africaine

Afrique, voici un nouveau millénaire,
Voici notre beau siècle des lumières !

Oh la mère de l'humanité ! Voici que recommence l'ère de tes enfants ni domptés, ni colonisés ! Ta liberté a gravé, dans nos mémoires, même les détails de ton histoire ; et pourtant, elle nous demande de pardonner, au nom de la fraternité !

Blancs, Berbères et Noirs, nous tous, aujourd'hui, nous voici unis dans la paix et la solidarité. Notre fierté est enracinée dans la solitude de ta savane, où ta dignité nous exige de soulever les montagnes. Sache que chacun de nous donnera le meilleur de lui-même pour te redonner ton honneur, toi qui avais édifié les pyramides, toute seule.

Oh la mère de l'humanité ! La clarté de ton avenir a abreuvé les rayons du soleil, tes merveilles ont surpassé nos espoirs !
Les Expatriés africains, oh nos plus que frères !
Revenez savourer à notre bonheur !
Revenez découvrir votre Afrique, nourrice des étoiles !
Revenez partager notre victoire !

Afrique, voici un nouveau millénaire,
Voici notre beau siècle des lumières !

Oh la mère de l'humanité ! Demain, tu seras forte et tous tes enfants seront fiers. C'est une main fraternaliste que tu tendras à l'humanité. Et quand une voix te demandera : «Où est passé ta main corrompue, celle que tu tendais pour recevoir les maigres aumônes de l'occident ? » ; à ta place, notre patriotisme répondra, avec fierté, que : « La main est toujours là, c'est celle que tu tends toujours. Seulement, ta conscience éveillée t’a inculqué le réflexe du travail, et t'a sevrée de la mendicité ».

Oh l’humanité, viens nous rejoindre aux palabres de la fraternité ! Nous sommes les enfants intègres d'Afrique. Nous sommes les frères de Gavey[1] , de Du Bois[2] , de Nkrumah[3] , de Lumumba[4], de Nasser[5] , de Cabral[6] , de Cheikh Anta[7] , de Sankara[8] et de Mandela[9] .

[1] Marcus Gavey, (1887-1940), Africain de la diaspora, est un natif de la Jamaïque. Il avait amené son combat aux Etats-Unis, où il prêchait le retour en Afrique. Son empire noir était fondé à New York. En 1923, son organisation, l’Association Universelle pour le Progrès des Noirs – U.N.I.A-, comptait plus de six millions de membres. Malgré ses nobles motivations, son organisation a fini dans des scandales financiers.
[2]William Edward Burghardt Du Bois, (1868-1963), est un Africain de la diaspora, natif des Etats-Unis. Il est le premier noir membre de l’institut des Arts et des Lettres d’Amérique. Il était engagé, avant la première Guerre Mondiale, en faveurs de sa communauté en revendication de ses droits d’americanités (mouvement de Niagara (1905), puis de l’Association Nationale pour le Progrès des Gens de couleurs - N.A.A.C.P (1910)). A la fin de la guerre, il décida de revivifier la flamme du Panafricanisme, allumée en 1900 par un avocat au barreau anglais, Henry Sylverter-Williams, un natif de Trinidad. De 1919 à 1945, il avait réussi, grâce à son dévouement et à ses sacrifices, à donner corps et âme au Panafricanisme. En 1960, il naturalisa ghanéen et il mourût en terre d’Afrique (Accra).
[3] Kwamé Nkrumah, (1909-1972). Co-secrétaire politique, en compagnie de Gorge Padmore, du 5ème Congrès panafricain (présidé par Du Bois, à Manchester, en 1945), il rentra en terre natale en 1947, suite à une invitation, pour devenir le secrétaire de la Convention Unie de Cote de l’Or. En 1949, guidé par ses désirs d’indépendance immédiate, il fonda le Parti de la Convention du Peuple. En 1952, suite à un amendement de la constitution par le ministre travailliste anglais - M. James Griffiths-, il devint le Premier ministre du Gold Coast. En 1957, le Gold Coast accéda à indépendance « Ghana » et Nkrumah fut reconduit dans ses fonctions de Premier ministre. En 1960, après révision, par referendum, de la constitution de transition en une constitution républicaine, il gagna largement l’élection présidentielle devant son adversaire, M. Danquah. Sa pensé panafricaine se confirmait dans son obsession de concrétiser les Etats-Unis d’Afrique. En janvier1961, il reçut le soutien du groupe de Casablanca ( Conférence à Casablanca, 3-7 janvier 1961, regroupant le Ghana, le Maroc, La République Arabe Unie, la Guinée Conakry, le Mali, le gouvernement provisoire d’Algérie et, la Libye qui était un observateur), mais devant le refus du groupe de Monrovia (Conférence convoquée par le Nigeria à Monrovia, 8-12 mai1961, elle avait réuni 27 états) de fusionner les micro-états, il se contenta en 1963 de l’Organisation de l’Unité Africaine - OUA. Ses objectifs panafricaines et sa ligne de conduite socialiste – que ses ennemis assimilaient au communisme - s’opposaient aux intérêts des occidentaux que défendaient d’autres leaders ouest-africains et même des citoyens ghanéens. Des troubles apparurent à l’intérieur du Ghana, dès le 2 août 1962, avec l’attentat de Kulungugu. Ils reprirent le 02 janvier 1964 avec les quatre coups de fusil qui tuèrent le chef de la sécurité, salifu Dagati ; alors que son auteur, le policier Ametewee, visait Nkrumah. En 1966, le 24 février, une junte (une centaine de soldats, bénéficiant de la complicité du chef de la police, Hailey) le renversa, pendant qu’il effectuait un voyage à Hanoi, dans le but de contribuer à la fin de « la guerre du Vietnam ».
[4] Patrice E. Lumumba, (1925-1961), Panafricain convaincu, il était le Premier ministre du Congo (actuel R.D.C) à l'indépendance. Dans son discours d'Indépendance, il affirmait son intégrité et, sa volonté de défendre l'unité et l'indépendance de la nation congolaise. Ses convictions de liberté, d'égalité et d'africanité sont utilisées comme motifs par ses adversaires pour le liquider en janvier 1961. Récemment, la Belgique, par les conclusions d'une commission d'enquête de ses parlementaires, a reconnu sa part de responsabilité. (lire BRAECKMAN C., Lumumba un crime d'état, Editions Aden, Bruxelles 2002)
[5]Gamal Abdel Nasser, (19918-1970), est un natif d’Alexandrie (en Egypte). Nasser, à la tête de jeunes officiers, déclencha le 23 juillet 1952, ce qui aboutit à la révolution (Naguib fut porté à la tête de l’armée et, moins d’une semaine plus tard, le roi, Farouk, abdiqua). La proclamation de la république eut lieu en 1953 ; Et en 1956, Nasser, élu président avec 99,9% en juin, nationalisa le canal de Suez le 26 juillet. Les trois cercles de sa révolution – Arabe, Africain et Musulman – se traduisaient dans la pratique par le Panarabisme (comme le témoigne la fédération de l’Égypte avec la Syrie de 1958- 1961– La République Arabe Unie) et le Panafricanisme. Son panafricanisme s’inscrivait dans la vision « maximaliste » de Nkrumah, son allié du groupe de Casablanca (Casablanca, 3-7 janvier 1961). En avril 1961, il déclara solennellement le soutien de la R.A.U aux mouvements de libérations en Afrique. Nasser prit part à la conférence d’Addis-Abeba (mai, 1963) qui a donné naissance à l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A), dont il est le deuxième président ( 1964-1965).
[6] Amilcar Cabral, (1924-1973). Né en Guinée Bissau, après ses études en agronomie à Lisbonne, où il eut connaissance du Panafricanisme, il retourna en terre natale en 1952. En 1955, il adhéra au Mouvement pour l’indépendance de la Guinée. Le 19 septembre 1956, il fonda le Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée Bissau et de Cap vert (PAIGC), et en décembre de la même année il participa à la rédaction du manifeste proclamant la naissance du Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola (MPLA). En 1960, il s’installa à Conakry, où il fonda une école pour enseigner aux cadres de son parti. La réunion des cadres, convoquée en janvier 1962 lui permit de changer les statuts et le programme du parti afin d’adapter leurs moyens de luttes. Ainsi en 1963 débuta la lutte armée. En 1965, il créa toujours à Conakry une école des enfants de combattants. En 1966, la moitié du territoire de Guinée Bissau est libérée et en 1969 ce sont les deux tiers. Il est assassiné en 1973, ce qui n’a pas empêché les objectifs de son combat d’être atteints deux ans plus tard : l’indépendance la Guinée Bissau en 1974 et celle du Cap Vert en 1975.
[7]Cheikh Anta Diop, (Sénégal, 1923 – 1986).
[8] Thomas Sankara, (1949-1987), un des chefs de file de la révolution burkinabé, fut le président du Burkina Faso de 1983 à son assassinat, un coup d'état, qui a porté un de ses frères d'arme, Blaise Compaoré, au pourvoir.
[9] Nelson Mandela, (Afrique du Sud, le 18 juillet 1918).

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